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Lire une valorisation d'entreprise quand on n'est pas expert-comptable

mis à jour le 6 min de lecture

Vous connaissez votre entreprise mieux que quiconque. Cela ne vous rend pas familier de l'EBE retraité, de la dette nette ou de la valeur des titres — et ce n'est pas votre métier. Voici six questions à poser à n'importe quel rapport de valorisation, dans l'ordre où elles se posent, et les réponses qui doivent vous alerter.

Commencez par la fin, puis remontez

Le réflexe naturel est de chercher le montant, de le comparer à ce qu'on espérait, et de refermer le document. C'est le plus mauvais usage possible d'une valorisation : le montant seul ne vous apprend rien que vous puissiez défendre. Repérez-le, notez-le, puis remontez le raisonnement — parce que c'est ce raisonnement qu'un acquéreur attaquera, pas le chiffre.

1. De quel montant parle-t-on ?

Un rapport peut annoncer une valeur d'entreprise — ce que vaut l'activité — ou une valeur des titres — ce que vous encaissez. Ce ne sont pas les mêmes nombres, et l'écart peut être considérable dans les deux sens selon que la société porte une dette ou une trésorerie accumulée.

Ce qui doit alerter : un document qui annonce « la valeur de votre entreprise » sans jamais dire laquelle des deux, ou qui passe de l'une à l'autre sans l'expliquer. La distinction est détaillée dans valeur d'entreprise et valeur des titres.

2. Sur quelle rentabilité le calcul est-il bâti ?

Presque toutes les méthodes partent d'une grandeur de rentabilité. La question n'est pas son nom, c'est son contenu : s'agit-il du résultat tel qu'il figure dans vos comptes, ou d'une rentabilité remise à plat pour décrire ce qu'un repreneur exploiterait vraiment ?

Ce qui doit alerter : l'absence totale de retraitement dans une PME que vous dirigez vous-même. Votre rémunération, vos avantages, un éventuel loyer versé à une structure que vous détenez : si rien de tout cela n'a été touché, la base de calcul décrit votre situation personnelle autant que l'exploitation. Ce qui se retraite, et ce qui ne se retraite pas est un sujet à part entière.

3. Chaque correction est-elle justifiée, et dans quel sens ?

Un retraitement légitime porte un montant et une raison vérifiable. Un retraitement qui n'existe que parce qu'il améliore le résultat est une fragilité : c'est exactement ce qu'un acquéreur retirera pendant les audits, après avoir construit son offre dessus.

Le signe qui ne trompe pas : un rapport dont tous les retraitements vont dans le sens de la hausse. Dans la réalité d'une PME, certains font monter la base et d'autres la font descendre — un loyer versé à une structure liée très en dessous du marché, par exemple, gonfle la rentabilité apparente, et le corriger diminue la valeur.

4. Comment passe-t-on de la rentabilité au montant final ?

Il doit exister un chemin visible : une rentabilité, une référence de marché appliquée, puis les éléments de bilan qui conduisent à ce que vous encaissez — dette, trésorerie, éléments hors exploitation, compte courant d'associé. Chaque étape doit être identifiable, même si vous n'en refaites pas le calcul.

Ce qui doit alerter : un saut. Une page qui montre vos comptes, une page qui annonce un montant, et rien entre les deux. Ou l'inverse : quinze pages de tableaux sans conclusion, qui vous laissent arbitrer seul entre trois résultats. Un rapport doit conclure et dire pourquoi — voir un multiple suffit-il à valoriser une PME.

5. Ce montant est-il finançable ?

Dans la grande majorité des reprises de PME, l'acquéreur emprunte. Une valeur qui dépasse ce qu'une opération peut supporter ne devient pas un prix : elle se renégocie. Un rapport sérieux confronte donc sa conclusion au financement plutôt que de l'ignorer.

Ce qui doit alerter, dans l'autre sens : un document qui présente des conditions de financement comme une règle bancaire ou une certitude. Aucun rapport ne peut engager un établissement. Des hypothèses nommées et assumées comme des hypothèses sont un gage de sérieux ; une promesse de financement n'en est pas un. Le détail est dans financer la reprise d'une PME.

6. Qu'est-ce qui n'est pas dans les chiffres ?

Concentration de la clientèle, dépendance à votre présence, contrats non écrits, bail proche de son terme, savoir-faire détenu par une seule personne : rien de cela n'apparaît dans une multiplication, et tout cela se négocie. Un rapport qui n'en dit rien vous laissera découvrir ces sujets au moment où ils coûtent le plus cher.

Le vocabulaire, en une fois

  • EBE — ce que l'exploitation dégage avant amortissements, frais financiers et impôt. Une mesure de rentabilité d'activité, pas de bénéfice.
  • EBE retraité — le même, corrigé de ce qui tient à votre situation plutôt qu'au fonctionnement normal de l'entreprise.
  • Valeur d'entreprise — ce que vaut l'activité, indépendamment de son financement.
  • Valeur des titres — ce que vaut ce que vous détenez, une fois la dette et la trésorerie prises en compte.
  • BFR — l'argent immobilisé en permanence par le décalage entre ce que vous payez et ce que vous encaissez.
  • Compte courant d'associé — les sommes que vous avez laissées à disposition de la société. Une créance sur elle, pas du capital.

La question qui résume les six

Sauriez-vous réexpliquer ce rapport, de mémoire, à quelqu'un qui vous contredit ? Si oui, vous tenez une valeur défendable — un raisonnement que vous pouvez porter. Sinon, vous tenez un nombre ; et un nombre qu'on ne sait pas expliquer ne survit pas à la première objection sérieuse.

Pour reprendre le raisonnement depuis le début, le guide valoriser une PME présente les méthodes et ce qu'elles mesurent.

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Et pour votre entreprise ?

Le diagnostic ValeurPME établit une valeur défendable à partir des montants que vous relevez dans vos comptes et explique chaque étape du raisonnement.